Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 00:44
- Par Elsa - Publié dans : Après le voyage, encore des voyages

Sur le conseil de Pasdepardon et de Lulu, je lis Terre des oublis, de Duong Thu Huong. Si j’ai du mal à m’identifier aux personnages qui s’infligent des choix de vie insensés par honneur et droiture, j’apprécie tout de même la plongée dans la vie quotidienne vietnamienne, les rituels du thé et du riz, les odeurs de fleurs, les gestes des femmes, les conversations masculines. Les chapeaux pointus, la place de l’amour charnel dans la vie de chacun, les chignons lourds qui se déroulent avec un effluve de fleurs de basilic et de pamplemoussiers.

 

Avec la tension d’une soutenance orale que j’avais cet après-midi, je ne parviens pas à dormir. Mais maintenant c’est moins pénible les insomnies, je voyage en pensée ou j’écris des posts.

 

A Nah Trang j’avais décidé de partir en balade visiter un temple de l’autre côté du fleuve. J’étais partie en début d’après-midi, longeant le bord de mer, le long d’une « promenade des anglais » un peu morne. Après quinze minutes de marche une pluie fine m’avait d’abord poussée sous un jeune arbre. Mais cette pluie semblait décidée à m’apprendre la patience. Quand, au bout de dix minutes j’ai constaté que l’auréole de béton sèche sous l’arbre autour de moi était devenue une flaque comme le reste du trottoir, j’ai décidé de continuer, tant pis je serai mouillée. C’est de l’autre côté du pont que je me suis souvenue pourquoi on ne reste pas sous la pluie, j’avais froid, j’étais à tordre et le ciel continuait de ruisseler.

 

Je me suis réfugiée sous une bâche, qui se révélait être l’auvent d’une maison, peuplée d’une famille que je compris nombreuse quand mes yeux se furent habitués à l’obscurité. Un enfant dormait dans les bras d’une femme. On m’a offert un tabouret, une serviette. Je me suis assise et j’ai regardé les jeunes garçons qui jouaient au foot malgré la pluie sur le terrain vague en face. Voilà, ce serait notre occupation pour l’heure à venir, en attendant la fin du déluge. Sans mot mais seulement des sourires, des gestes, et quelques effleurements de la main sur mon épaule, on m’a offert aussi des fruits. Et attiré mon attention sur le petit dernier qui s’éveillait. Tout le monde voulait voir ses yeux s’écarquiller quand il découvrirait l’étrangère blonde assise avec eux. Ils ont ri. J’ai souri. Soulevé les sourcils à son attention. Il s’est approché, mais pas trop quand même… et puis la curiosité l’emportant sur la timidité il est finalement venu m'observer de près et me caresser le bras de la paume de sa petite main dorée.

 

Puis la pluie a faibli, et une adolescente a insisté pour m’emmener au temple que je souhaitais visiter. J'ai remercié, salué. Je ne me souviens pas trop du temple, mais la vue depuis le trottoir sous l'auvent de cette famille vietnamienne reste gravée dans ma mémoire.


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Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 23:02
- Par Elsa - Publié dans : ****

Ce soir je réfléchissais à ce besoin qu’on a, quand on aime lire, de partager, de faire lire ce qu’on aime à ceux qu’on aime et inversement de trouver de bonnes lectures en étant bien conseillée.
 

Avoir de belles lectures, c’est pour moi source de vrai bonheur, de vraie satisfaction. Quand je lis un texte qui me fait réfléchir ou m’émeut ou me transporte ailleurs, je me dis que ma vie vaut d’être vécue, que je ne perds pas mon temps. C’est comme de faire une belle rencontre.
 

M’ennuyer en lisant me met de mauvais poil, j’ai plus que jamais l’impression de gâcher mon temps libre.
 

Je pense à cela parce que j’ai suivi un conseil qu’on m’a donné ici suite à mon post de l’autre jour sur le fil de mes lectures et je me retrouve dans un livre que me laisse sèche, je n’y arrive pas, rien, zéro écho en moi. Pendant ce temps-là, une amie me parle du bien que cela lui fait de lire Simone de Beauvoir, de son rapport à l’écriture. Je vois bien que cette lecture lui sort la tête du sac, je suis contente pour elle, j’en veux autant.

 

 

Un jour je suis allée dans une librairie, j’ai demandé conseil et on m’a mis Dalva dans les mains. D’une certaine façon Dalva a aiguillé ma vie, je ne dirais pas que ce livre m’a changé la vie, mais il a eu un impact majeur sur ma façon d’être une femme, d’imaginer ce que c’est d’être une femme, en plus de ce que ma mère m’a transmis. A la fin de cet été là, j’étais retournée dire merci au libraire, je m’en souviens c’était rue Saint-Antoine. Et le libraire avait été un peu étonné que je n’entre que pour lui dire merci.
 

Dix ans plus tard, j’avais soif de lectures comme celle-là et dans une autre librairie, quand j’ai dit que j’avais adoré Dalva de Jim Harrison, que j’avais envie de quelque chose dans ce goût-là, on m’a mis Le Maître et Marguerite de Boulgakov entre les mains. Je suis ressortie ravie, j’ai ouvert le livre pleine d’envie et j’ai persévéré, persévéré, mais c’était peine perdue, impossible pour moi. Depuis je vais dans cette librairie et je ne demande rien à personne, parce qu’il n’y a pas besoin d’être libraire ni très cultivé pour savoir que la fable mystico fantastique du Maître et Marguerite n’a strictement rien à voir avec la tranche de vie d’une femme assistante sociale en Californie et descendante lakota, plantée bien droite dans ses bottes de terrienne dans les plaines du Nebraska. En fait il suffit d’en avoir lu les cinquante premières pages.



Bref tout ça pour vous dire que j’ai eu un éclair de génie : je me suis dit que j’allais proposer à la Griffe Noire, librairie avant-gardiste et agitatrice de Saint-Maur des Fossés, de faire un blog, pour partager leur passion.
 

Bon évidemment, la Griffe Noire a déjà un site, et bien sûr un blog, avec plein de chroniqueurs pour tous les goûts. Dont la sœur d’Emmanuel : Marina Carrère d’Encausse !!!

 

En tous cas, voilà, si vous cherchez un bon bouquin, il n’y a plus de raison de paniquer, tout est là.

Le site : http://www.lagriffenoire.com/

Le blog : http://www.lesdeblogueurs.tv/


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Samedi 12 mai 2012 6 12 /05 /Mai /2012 10:00
- Par Elsa - Publié dans : France (le retour)

En ce moment j’ai plein de petites émotions du quotidien.

 

L’autre jour sur la plage du Lizay, sur l'Île de Ré, j’ai trouvé ça sur le sable :

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Un petit coq rouge qui voulait voir la mer. Tellement émue, que sur ma photo, l'horizon chavire. Le petit coq rouge c'est l'amoureux de la Petite Poule qui Voulait voir la Mer !

 

 

En sortant de la pharmacie lundi, je suis passée près d’un kiosque à journaux, qui avait derrière une de ses vitres la Une en grand de l’express « Le Président » avec le visage de Hollande, son regard bienveillant.

J’ai eu un sourire malgré moi, je me suis sentie heureuse. Je ne pensais pas que la politique pourrait avoir un tel impact sur ma petite vie de poulette.

C’est drôle car Rishi, l’indien astrologue que j’avais hébergé en janvier m’avait dit « Les 17 dernières années ont été dures pour toi et les cinq dernières vraiment terribles, mais là tu entres en transition et à partir de mai, c’est terminé, cette période noire de ta vie arrive à sa fin, tu vas éclore et t’épanouir. » Dimanche 6 mai au soir j’étais contente d’être française, je me sentais un peu plus chez moi. 

 

 

Mercredi Alain Robert a escaladé la tour First. Il nous est littéralement passé sous le nez. Quelle excitation !

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Toute la nuit qui a suivi, j’ai répété le même cauchemar où il tombait (il grimpe sans être assuré, bien sûr). Réveillée cinq ou six fois.

Mais un tel exploit ça rebooste les envies de donner cours à ses propres rêves.

 

 

Hier soir j’ai lu La liste de mes envies de Grégoire Lacourt. Une première partie solaire, des jolies choses du quotidien, vraiment, un bonbon ce livre. Il était minuit quand j'ai fini. Il était encore temps de sortir si j'en avais eu envie. J'étais contente de ma journée : bien travaillé, fait du sport, lu un livre, et une nuit entière à ma disposition, finalement je peux faire plein de choses dans mon quotidien.

 

 

Là j’écoute France Inter, ils sont à Omaha, Nebraska et interrogent des gens de là-bas, réunis pour écouter Warren Buffet. Je vous dis pas comme ça me chatouille les oreilles d’entendre l’accent du middle america.

 

 

Aujourd'hui j'ai shopping avec une copine pas vue depuis des semaines. Petits bonheurs du quotidien. 


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Mardi 8 mai 2012 2 08 /05 /Mai /2012 00:23
- Par Elsa - Publié dans : ****


J’avais fait une page avec les livres lus en voyage et un post à propos du bonheur d’avoir de la disponibilité cérébrale pour lire grâce au voyage.

 

Miracle, je l’ai gardée, cette disponibilité ! Je lis, notamment dans le métro, isolée sous mon casque Bose « Active Noise Cancelling ». Et puis peut-être aussi j’ai mûri, c’est fini toutes ces contrariétés professionnelles ou personnelles qui faisaient sans répit le siège de mes pensées. Maintenant quand j’ouvre un bouquin, je pars…

 

J’ai peut-être eu la chance de tomber sur de bons ouvrages aussi ?

 

Je ne vais pas pouvoir vous les dire tous parce qu’on m’en a prêté certains, encore moins dans l’ordre, mais quand même une petite liste. Je sais que ça donnera des idées à certains et n’hésitez pas à m’en conseiller en retour !

 

D’Emmanuel Carrère j’ai lu Un roman russe dont j’ai parlé , une histoire d’amour, passionnelle et assez moche au final, en tout cas qui finit en eau de boudin, l’auteur y est sans concession pour lui-même, détestable. Mêlée à cette histoire d’amour une histoire de Russie, violente et faite de personnages attachants.

 

Dans L’œil le plus bleu Tony Morrisson parle de la blessure d’être noir aux Etats-Unis dans les années 40. Un thème magnifiquement traité dans Beloved* à lire absolument.

 

Puis j’ai lu Limonov : comme souvent avec Emmanuel Carrère, c’est l’histoire d’un type qu’on n’a pas envie d’aimer, Edouard Limonov. On ne l’aime pas d’ailleurs, mais quelle fresque ! Le XXème siècle de la Russie vu sous un angle inédit. On comprend qu’on n’a jamais rien compris, et d’ailleurs on y comprend toujours rien ; ça marche, donc.

 

Ensuite j’ai lu Dans les forêts de Sibérie de Sylvain Tesson. Je l’ai trouvé quelques semaines après mon retour de voyage, dans l’étagère d’une amie et j’ai eu envie de lire tout simplement parce que le type est parti six mois, tout seul. Dans une cabane au bord du lac Baïkal. Voilà que j’étais repartie en Russie. J’ai trouvé son style arrogant et son propos chiant, voire déplacé. Au lieu de nous parler de ses changements intérieurs, de son expérience de l’isolement, il nous tanne jour après jour avec les changements infimes de la végétation autour de lui et semble chercher à se convaincre de l’absurdité du mode de vie urbain. L’ermite a tout compris, l’urbain est un con. Mais je reconnais que cette lecture m’a valu une conversation enflammée avec un de mes pioupioux. Je soutenais qu’il faut être un sacré connard pour se barrer six mois à l’autre bout de la terre en étant fier de n’être pas joignable du tout, laissant au loin une compagne, dans son mode de vie qu’on devine urbain et donc d’après lui, débile. Pioupiou n’était pas d’accord : l’amour doit être plus fort que ça, c’est pas normal qu’elle le largue. Et puis un type qui écrit deux pages d'aphorismes pour finir par "La lune n'a que faire de mes aphorismes de préfecture.", allez savoir pourquoi, ça m'énerve.

 

J’ai lu aussi Rien ne s’oppose à la nuit* de Delphine de Vigan. Magnifique fresque familiale. L’auteure retrace la vie de sa mère, sa maladie, sa folie. C’est très beau et très bien écrit, avec une pudeur non feinte et à laquelle pourtant l récit ne concède rien.

 

Entre temps j’ai lu Juliet, Naked de Nick Hornby, pour alléger mon esprit et entretenir mon anglais. J’avais préféré About a boy.

 

Comme je l’avais raconté , Cormac McCarthy m’a emportée dans un parcours initiatique terrible dans Le grand passage.

 

Hudson River de Joyce Carol Oates. Satyre de la bourgeoisie américaine, tous les petits défauts très laids de ces gens beaux et riches, le dictat de l’apparence et de la position sociale, toute la mesquinerie humaine, décortiquée et les pensées que chacun croit secrètes, livrées comme ça dans un scénario d’une belle intelligence. On traverse se livre dans la vase des vanités humaines et magnanime, Joyce Carol Oates nous offre une sortie en fanfare, elle nous remet finalement à flot, ouf, donner le change a de nouveau du sens.

 

J’ai lu La carte et le territoire de Houellebecq. Je crois que ce qui m’a tenue en haleine, c’est de lire un Houellebecq qui n’avait rien à voir avec un Houellebecq. La vérité, j’ai lu avec plaisir, mais je ne sais pas quoi en penser, où il voulait en venir au juste ?

 

Il y a peu j’ai entamé Je suis vivant et vous être morts d’Emmanuel Carrère, encore. Et j’ai laissé tomber très vite : trop lourd, trop dur, c’est l’histoire de Philip K Dick, un type qui, on le sait, on le sent, va devenir fou. C’était trop pour moi. La plume trop forte et réaliste d’Emmanuel, c’était trop pour moi.

 

Alors je me suis rabattue sur Percival Everett, Effacement. Roman très politiquement incorrect à propos de la place du « peuple noir américain » dans la production culturelle du pays et notamment littéraire. J’avais été soufflée par Blessés* du même auteur : beaucoup moins aseptisé, la tête dedans on s’en prend plein la gueule, plein les tripes.

 

Je me suis offert un Jim Harrison, et pas un de seconde classe : Légendes d’automne*. Trois nouvelles en forme de romans très courts, très forts, comme d’habitude.

 

Je viens de finir La classe de neige d’Emmanuel Carrère. On « retrouve » (c’est un de ses premiers romans) son style d’une simplicité sophistiquée qui m’épate. Une maîtrise formidable. Encore un bouquin qu’on lirait sous la douche s’il était étanche, tant on est happé.

 

Voilà, je m’étais dit que j’alternerais un classique un contemporain, mais comme pour la danse j’ai manifestement un faible pour la littérature (américaine) contemporaine.

 

*Ceux que je conseille les yeux fermés

Et vous, vous me conseillez quoi ?


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Lundi 7 mai 2012 1 07 /05 /Mai /2012 23:02
- Par Elsa - Publié dans : ****

Facile, me direz-vous, le rôle est taillé sur mesure. Mais oui, justement, et il faut un sacré talent talentueux pour écrire des sketches aussi fins, drôles, des personnages subtilement grotesques et les incarner avec autant de justesse dans la caricature.

 

D’habitude mes copines voient Isabelle à mon anniversaire et me disent « J’ai l’impression que je le connais, elle. » - oui t’as du la voir à la télé, elle est comédienne. « Ah ouais elle joue la méchante !!!! Ça lui va trop bien d’ailleurs de faire la méchante ». Je ne disais trop rien parce que comme la sitcom en question passait dans l’après-midi, je ne l’avais jamais vue, vous comprenez, j’ai des horaires de bureau. Mais je pensais, « Ah bon ? Franchement Isabelle elle est drôle qu’est-ce qu’elle fout avec des rôles de méchantes ? ».

 

Je n’oublierai jamais Isabelle passant me prendre en bas de chez moi en taxi à 3h30 du matin pour partir en Israël. C’était le milieu de la nuit, on était toutes les deux azimutées de sommeil et à peine j’ouvrais la portière elle commençait à faire des blagues. Eclats de rires à l’arrière de la berline.

 

Ou encore sur les routes israéliennes, expliquant dans son anglais approximatif à notre auto-stoppeuse sa frustration à ne pas pouvoir faire des blagues du fait de son mauvais anglais. Pour finalement expliquer à Michal qu’elle est nulle en anglais parce qu’elle est un peu neuneu, mais comme elle est comédienne, elle fait semblant d’être intelligente.

 

 

Au théâtre des 3 bornes, ouverture sur Isabelle, assise sur scène une belette au bout du bras. Voix off.

« Rah putain, ça marche pas ! C’est pas drôle, la belette, putain je le savais… » On est dans la tête d’Isa, et on se dit « ben ouais Isa c’est pas drôle. » Mais elle ne nous laisse pas dix secondes avant de commencer à sourire et avant la fin de la première minute toute la salle s’esclaffe. C’est parti. Je n’essaie même pas de vous dire comment elle fait, faut aller voir.

 

Elle enchaîne, professionnelle, c’est précis, les textes ciselés, la mise en scène rythmée et son jeu ! Je n’avais jamais vue Isabelle dans une telle palette ; j’étais ravie. J’ai même pensé, « merde c’était peut-être le dernier sketch, là, pourvu que non, c’est trop bien ! ».

 

Je n’ai pas ri à tout, mais les filles devant moi prenaient le relai. Elle nous a fait franchement rire. Tous. On a envie de dire « Tout simplement ». Car on a l’impression que c’est facile pour elle, que ça coule de source. Or c’est quand on ne voit pas le travail de l’artisan qu’on sait que c’est la grande classe, non ?

 

En rentrant j’ai continué de rire en repensant aux personnages…

 

 

Moi qui avais le Blog qui me démange, j’avais trouvé quelque chose à partager d’urgence ! Les dimanches et lundi soir à 20h15, au théâtre des 3 bornes !

 

http://www.trois-bornes.com/spe_vitari.php


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