Samedi 5 novembre 2011 6 05 /11 /Nov /2011 19:34
- Par Elsa - Publié dans : France (le retour)

 

Moleskine, page 151 :

 

Hier matin, vendredi, je me suis réveillée sans cette sensation que j’avais depuis le retour d’être différente à l’intérieur. Je savais que la sensation de nouveauté ne dure par définition qu’un temps, mais je ne pensais pas si peu de temps. Hier donc je me suis réveillée et j’ai eu la sensation que c’était un vendredi comme les autres. Comme ceux d’avant.

Il faut dire qu’au boulot il n’a pas fallu plus de 9 jours ouvrés pour que je sois rattrapée par la charge de travail. Je vois s’empiler les choses à faire, et je constate que le temps disponible entre 9h et 18h ne suffira pas. Immédiatement, réflexe de jeune cadre dynamique, je me dis que je vais y arriver en travaillant le week-end. Puis je me dis non, pas le week-end, et pas au-delà de 19h non plus.

 

Ensuite j’ai passé la soirée avec Olivier, dîner, concert, soirée. On discute, on danse, on rigole. Il me dépose chez moi dans son coupé 504 de 1973 (avec les vitres automatiques, oui madame). Je franchis les portes de l’immeuble, j’ai mon sac de sport parce que je n’ai bien sûr pas eu le temps de repasser chez moi entre le boulot et le concert, j’entends les bruits familiers des portes d’en bas qui se referment sur moi, dans le silence du milieu de la nuit, le bruit de mes talons dans les escaliers, le poids du sac sur mon épaule, le tintement des clés. La clé dans la serrure, la porte qui se referme, le pêne qui s’insère avec un peu de difficulté.

 

Et je sais, je sais, je sens dans mes tripes que je suis revenue à ma vie d’avant.

 

Et notamment à cette solitude qui m'oblige à être toujours plus forte mais qui m'a rendue si faible devant les promesses d’un homme amoureux. 

 

C’est désarçonnant d’avoir été si heureuse d’être seule quand j’étais loin, et d’en être si fragile ici. Je marchais à Auckland, je roulais dans le désert du Nevada, j’apprenais l’espagnol à Sucre et je sentais une force intérieure, comme un pilier à la place de la colonne vertébrale. J’avais une conscience aigüe de moi-même, de mes forces et de mes faiblesses. Peut-être parce que face aux paysages changeant sans cesse autour de moi j’ai pu voir ce qu’il y avait de constant : mon corps, mon esprit, mes pensées, ma personnalité. Mais cette force aussi surtout c’était tout ce bel amour qu’il me donnait.

 

There is something inside me, it’s hard to explain.

 

 

 

Donc voilà, y a pas de secret, j’ai le blues de ce double rêve terminé.

 

Comme dit Béa, se perdre loin de tout et de tous c’est un bon moyen de se retrouver. Ce voyage, avec lui dans le coeur, m’a rendue à moi-même, et de retour dans mon cadre de vie je vois bien qu’il y a des choix que j’ai faits qui ne me conviennent plus.

 

 

Ceux qui me côtoient ces jours-ci le savent, je suis pleine de questions fondamentales et superficielles. Pleine de sensations fortes, comme pendant le voyage, mais pas toujours positives. Tristesse et doutes. Je n’ai pas d’inquiétude, mais des questions, une impatience aussi, calmée par la certitude qu’il ne faut pas me précipiter pour prendre des décisions. Même si prendre des décisions, c'est toujours ce qui m'a sauvée.

 

 

Des fois je me dis que ce serait bien d’avoir les couilles de faire ça :

 

http://www.vie-nomade.com/

 

Corinne a décidé de vivre et travailler en nomade, chose qui effleure ou taraude l’esprit de tout voyageur au long cours qui quitte le voyage à contrecœur.

 

C’est elle entre autres qui m’a inspiré l’envie de ne pas seulement partager le récit de voyage mais aussi mes pensées, mes sensations, mes émotions. Elle a osé une liste des choses à faire avant de s’éteindre, qui va bien plus loin que mes 3 petits rêves…

 

Ses blogs sont beaux (elle est web designeuse), et pour tous ceux (Edouard, Stéphanie, Juliette) qui ont besoin d’un peu d’évasion chaque matin, elle semble partie pour la vie.

 

http://new-nomad.com/blog/way-to-happiness/saying-goodbye/

 

Ici elle répond à des questions simples, qu’on m’a posées souvent, j’aurais répondu pareil.

http://www.lapageapageau.com/2011/09/27/13-questions-serieuses-a-corinne/

 

 

 

... en attendant de prendre ce genre de tournant, la Petite Poule qui avait Bien les Boules a juste prévu un week-end à Istanbul.

 

 



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