Kirghiszistan : Terre de Contrastes…

Publié le par Elsa

Il est 6h du matin à Bichkek, quand le van nous emporte sur la route entre l’aéroport et le centre ville. Après vingt bonnes minutes d’attente à la frontière, finalement les policiers ont laissé passer Juliette. On a bien cru qu’elle repartirait à Moscou. Son passeport a trop voyagé, il est abîmé. On n’accepte pas les ressortissants au passeport presque déchiré, c’est la règle mademoiselle.

 

Nous roulons, c’est le petit matin, ce qui me frappe, ce sont les champs de maïs mal aligné, un peu parsemés : entre l’aéroport et la ville, pas de banlieue mais la campagne. On comprendra bien vite que le pays n’a pas beaucoup d’autres richesses qu’agricoles. En tous cas, facilement exploitables.

 

Ce qui frappe ensuite c’est que Bichkek est une capitale très verte, des arbres partout, de l’ombre, des jardins. De la poussière aussi, on sent qu’il peut faire très chaud ici, mais ce jour-là non, on déambule avec curiosité et plaisir. Visite à quelques monuments peu subtils issus de l’ère soviétique : un bout de mur noir qui s’écroule de son autre moitié blanche sous la pression du peuple : ce n’est même plus une allégorie du bien qui triomphe du mal grâce au peuple !

 

1. Bichkek (9)

La statue de Lénine. Le Kirghizistan est le seul pays de l’ex-URSS qui a gardé les statues de Vladimir… et pourquoi ? demandé-je, « c’est notre histoire » répond Talente, notre guide.

 

1. Bichkek (8)

Au cœur de l’Asie centrale, le Kirghizistan est un melting pot de beaucoup de peuples : les kirghizes peuvent ressembler aux chinois, aux mongols, aux russes, aux indiens. Ils parlent parfois avec un fort accent américain. Ah non pardon, ça ce sont les militaires américains qui font leur shopping à la capitale.

 

Nous passons la première nuit d’itinérance auprès d’une rivière aux eaux turquoise et turbulentes. Les contrastes continuent de nous saisir : montagnes arides et piste poussiéreuse côtoient le lit de la rivière, herbeux et doux, souvent ombragé de saules. Il a fait chaud toute la journée, mais dès le soir tombé nous accumulons les couches de vêtements, la nuit est froide. Partout dans le pays, l’air est sec à nous peler les narines, mais toujours quelque part dans le paysage cours un ruisseau creusant dans la montagne une saignée verte dans la roche grise ou jaune.

1. Jour 1 (1)

 

 2.Jour 2 (4)

Contraste entre les deux versants d’une montagne gravie dans la journée : nous sommes montés au bruit de la succion de nos chaussures dans une herbe-mousse gorgée d’eau, comme les pozzis corses (issus du retrait d’un lac d’altitude), et sommes redescendus face à une montagne minérale lessivée de verts de rouges et de bleus.

 

5. Très longue journée d'approche (1)

 

On nous avait promis du mouton à tous les repas, de la soupe au gras et du beurre rance dans le thé du matin. Diana nous a servi tous les jours de plats cuisinés avec des produits frais et à chaque dîner… des fruits !

 

1. Bichkek (7)

 

Et même un soir du poisson, lorsque nous dormions dans les yourtes au bord du Lac Song Kuhl. On nous avait parlé de la boisson locale, le kumis, avec force grimaces : c’est du lait de jument fermenté. En fait ça a le goût du champagne !

 

3. Premier jour a Song Kuhl (4)

3. Premier jour a Song Kuhl (3)

 

Au-delà de tous ces contrastes le pays est superbe.

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Des montagnes à n’en plus finir, des herbages, des vallées vertes immenses, des troupeaux de chevaux, partout, et de vaches, et de moutons et de chèvres… Des troupeaux de chevaux qui viennent à notre rencontre, d’autres qui galopent au loin.

 

Des hommes à cheval. Pas de femmes.

 

Nous avons eu la chance d’arriver chez nos hôtes, au bord du Lac Song Kuhl, un jour de match de Kok borou ou d'Oulak tartysh (difficile d’enregistrer sur place les mots en kirghize). Deux équipes, ce jour-là composées de deux cavaliers chacune, un attaquant et un défenseur. L’arbitre emporte le corps d’une chèvre décapitée au loin (« comme il y avait de la place », le terrain n’avait pas de limite), les deux attaquants s’éloignent vers la dépouille. Au signal (que je n’ai pas repéré) les deux attaquants cherchent à se saisir de la chèvre, celui des deux qui y parvient la cale entre la selle et sa cuisse, l’autre cherchera à s’en emparer. Puis tout le jeu consiste à s’approcher du but (un cercle noir au sol) pour y déposer la chèvre ou à empêcher l’équipe qui détient la bête d’y parvenir, voire de la lui reprendre. Alternent galopades effrénées, dont certaines sont passées au milieu des spectateurs, et mêlées dans lesquelles les cavaliers engagent leurs chevaux avec agressivité. Chocs de poitrails, piétinements, morsures, ruades. Tous les coups sont permis. Nous avons rebaptisé le jeu « horse rugby ».

3. Horse Rugby (21)

 

3. Horse Rugby (3)

 

Il y a souvent des accidents.

 

Le Kirghizistan est un des rares pays « double land-locked » il faut traverser deux autres pays au moins pour accéder à la mer ou l’océan. Mais au lac Issik Kuhl (« Lac Chaud ») on peut se baigner dans une eau bleu foncé, la pause plage se fait dans un décor époustouflant.

8. Issik Kuhl trop cool (2)

 

Talente a insisté en fin de journée pour que nous remettions nos chaussures de marche. Nous l’avons fait un peu à contre cœur et n’avons pas regretté :

 

8. Issik Kuhl trop cool (5)

 

8. Issik Kuhl trop cool (3)

L'album ici 

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