Insomnie, Terre des oublis

Publié le par Elsa

Sur le conseil de Pasdepardon et de Lulu, je lis Terre des oublis, de Duong Thu Huong. Si j’ai du mal à m’identifier aux personnages qui s’infligent des choix de vie insensés par honneur et droiture, j’apprécie tout de même la plongée dans la vie quotidienne vietnamienne, les rituels du thé et du riz, les odeurs de fleurs, les gestes des femmes, les conversations masculines. Les chapeaux pointus, la place de l’amour charnel dans la vie de chacun, les chignons lourds qui se déroulent avec un effluve de fleurs de basilic et de pamplemoussiers.

 

Avec la tension d’une soutenance orale que j’avais cet après-midi, je ne parviens pas à dormir. Mais maintenant c’est moins pénible les insomnies, je voyage en pensée ou j’écris des posts.

 

A Nah Trang j’avais décidé de partir en balade visiter un temple de l’autre côté du fleuve. J’étais partie en début d’après-midi, longeant le bord de mer, le long d’une « promenade des anglais » un peu morne. Après quinze minutes de marche une pluie fine m’avait d’abord poussée sous un jeune arbre. Mais cette pluie semblait décidée à m’apprendre la patience. Quand, au bout de dix minutes j’ai constaté que l’auréole de béton sèche sous l’arbre autour de moi était devenue une flaque comme le reste du trottoir, j’ai décidé de continuer, tant pis je serai mouillée. C’est de l’autre côté du pont que je me suis souvenue pourquoi on ne reste pas sous la pluie, j’avais froid, j’étais à tordre et le ciel continuait de ruisseler.

 

Je me suis réfugiée sous une bâche, qui se révélait être l’auvent d’une maison, peuplée d’une famille que je compris nombreuse quand mes yeux se furent habitués à l’obscurité. Un enfant dormait dans les bras d’une femme. On m’a offert un tabouret, une serviette. Je me suis assise et j’ai regardé les jeunes garçons qui jouaient au foot malgré la pluie sur le terrain vague en face. Voilà, ce serait notre occupation pour l’heure à venir, en attendant la fin du déluge. Sans mot mais seulement des sourires, des gestes, et quelques effleurements de la main sur mon épaule, on m’a offert aussi des fruits. Et attiré mon attention sur le petit dernier qui s’éveillait. Tout le monde voulait voir ses yeux s’écarquiller quand il découvrirait l’étrangère blonde assise avec eux. Ils ont ri. J’ai souri. Soulevé les sourcils à son attention. Il s’est approché, mais pas trop quand même… et puis la curiosité l’emportant sur la timidité il est finalement venu m'observer de près et me caresser le bras de la paume de sa petite main dorée.

 

Puis la pluie a faibli, et une adolescente a insisté pour m’emmener au temple que je souhaitais visiter. J'ai remercié, salué. Je ne me souviens pas trop du temple, mais la vue depuis le trottoir sous l'auvent de cette famille vietnamienne reste gravée dans ma mémoire.

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lulu 24/05/2012 10:00

Bonjour les noctambules, bon courage pour vos oraux, et pour la chaleur.
Nantes est plus fraiche, ce doit être l'influence de l'Atlantique, en tout cas c'est très agréable, je me prépare pour deux heures de rugby, à 20° c'est plus agréable qu'à 30°!!!
Quant à la pluie vietnamienne, elle est finalement merveilleuse, elle permet de faire des rencontres du bonheur.
Bonne journée à tous et bisous nantais ensoleillés et fleuris.

Pasdepardon 24/05/2012 05:48

Insomnie aussi, 5 heures, les oiseaux piaillent de tous leur mini poumons, quel vacarme, et puis il fait chaud comme au Vietnam, pourtant je ne rêve pas, je suis bien à Saint-Maur. Je découvre ton
post et sourit, mon livre de chinois sur les genoux, car dans quelques heures je passe moi aussi un oral. Décidément !

Elsa 24/05/2012 22:27



Comme le mien, je sens que ton oral s'est bien passé ! 


Que c'était bon ce soir de sortir de ma tour d'ivoire dans la chaleur de l'été !